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Le secteur des assurances : un marché en hausse constante
Outre d’être regroupées au sein d’une association professionnelle, les compagnies d’assurances ont créé, en 1994, l’Insurance Institute of Mauritius dans le but, entre autres, d’assurer la formation des employés de ce secteur. L’IIM est affilié à la Chartered Insurance Institute, organisme de statut international, vieux de plus d’un siècle, qui organise les examens et émet les diplômes en matière d’assurances dans plus de 150 pays. Les compagnies d’assurances sont régies par l’Insurance Act de 1987, qui a permis la nomination d’un Controller of Insurance. Cette loi régit l’ensemble des transactions d’assurance qui ont lieu à Maurice hormis celles du Sugar Insurance Fund Board, de l’African Reinsurance Corporation.

Le secteur des assurances a pris une ampleur telle que le chiffre d’affaires n’a cessé de croître au cours de ces quinze dernières années pour atteindre environ Rs 20 milliards, soit quelque 18% du Produit National Brut, selon les dernières statistiques disponibles. Cette augmentation est attribuable non seulement à l’arrivée sur le marché de nouvelles compagnies mais aussi à la diversification des produits que proposent celles-ci. Le pays compte aujourd’hui pas moins de 22 compagnies d’assurances qui donnent de l’emploi à un peu plus de 1 500 personnes. Il convient de préciser qu’outre les compagnies d’assurances à proprement parler, ce secteur offre des perspectives d’emploi aux canvasseurs, aux agents accrédités et aux courtiers d’assurance qui, eux, travaillent non pour les compagnies d’assurances mais pour les clients.

Des produits améliorés
Alors que l’assurance n’était, au début, qu’un moyen de se protéger, elle est de nos jours un investissement à long terme. Cette notion d’épargne avantage tant l’assuré que l’assureur. Le rapide développement économique qu’a connu le pays depuis le milieu des années ’80 a ouvert de nouveaux créneaux pour les compagnies d’assurances qui ont, par conséquent, diversifié leurs portefeuilles tout en améliorant la gamme des produits proposés.

C’est ainsi que les compagnies d’assurances, dont la principale activité consistait à offrir des couvertures pour différents types de risques, se sont mises à concurrencer les institutions bancaires en offrant des prêts qui ont permis à leurs clients de construire une maison. Autre produit à connaître un certain succès auprès des Mauriciens : les plans d’assurance destinés à financer les études tertiaires des enfants. L’adhésion à ces plans se fait généralement alors que l’enfant est encore en bas âge.

De même, des formules innovatrices ont été introduites pour rendre les différentes couvertures plus attrayantes, à l’exemple du “money back” pour l’assurance-vie. En effet, alors qu’au départ l’assurance-vie bénéficiait aux héritiers de l’assuré après le décès de ce dernier, les compagnies d’assurances ont, par la suite, proposé que l’assuré, encore en vie, touche, sous forme de “lump sum”, l’ensemble de ses contributions ainsi que les profits qui en découlent quand la police d’assurance arrive à terme. Cette formule a été par la suite améliorée avec l’introduction du “money back” qui, comme l’indique son nom, permet au contribuable de recevoir, par tranches, un pourcentage de ses contributions à intervalles réguliers, en attendant de toucher la dernière tranche avec les profits accumulés quand la police arrive à maturité.

C’est dans le même esprit que l’assurance santé traditionnelle, sous forme de contribution à un Provident Fund, s’est sensiblement améliorée pour inclure ce qu’on appelle dans le jargon des assureurs l’assurance-catastrophe. Cette nouvelle couverture permet au bénéficiaire de faire face aux jours difficiles où l’on a soudain besoin de soins médicaux spécialisés ou hautement sophistiqués nécessitant, entre autres, une opération chirurgicale très pointue qui doit être effectuée à l’étranger.

Les quelques rares compagnies d’assurances qui proposent ce type de police offrent une couverture allant jusqu’à Rs 3 millions. Cinq compagnies d’assurances seulement sont présentes dans ce créneau, à savoir Swan Insurance, Albatross, La Prudence, Island General Insurance et Administrators & Consultants Ltd (ACL) qui gère le portefeuille de la MEFPA pour le compte de la Fédération des Employeurs. Cette dernière tente en ce moment de démocratiser ce secteur en proposant une couverture de Rs 500 000 contre paiement d’une prime mensuelle de seulement Rs 50. Une formule qui accroche à en croire son promoteur, M. Olivier Lagesse. (Lire plus loin l’interview du Managing Director de I.G.I.).

De nouveaux “players”
Le développement économique qu’a connu le pays au cours de ces 15 - 20 dernières années a également donné naissance à une prolifération de compagnies d’assurances, d’où la diversité des services et des produits offerts aux Mauriciens. C’est ainsi que certains conglomérats ont créé leur propre compagnie d’assurances à l’instar du groupe Rogers qui a lancé Albatross, le groupe IBL dont les biens et services sont couverts par Mauritian Eagle vers le début des années ’80 ou encore le groupe Currimjee qui avait lancé Island Insurance. Pour ne pas être en reste, l’Etat a créé la SICOM, dont le chiffre d’affaires approche aujourd’hui les Rs 450 millions.

Pour prendre la mesure de la contribution des compagnies d’assurances au développement socio-économique du pays, il suffit de savoir que cinq d’entre elles, notamment la British American Insurance, la Swan Insurance Co Ltd, la State Insurance Company of Mauritius (SICOM), la Mauritius Union Assurance et la Life Insurance Corporation of India figurent parmi les cent premières compagnies du pays, la première réalisant, selon les plus récentes statistiques, un chiffre d’affaires de Rs 1,6 milliard et la dernière ayant un chiffre d’affaires de Rs 240,2 millions. Il est à noter également qu’à l’instar de la LIC, qui est une compagnie indienne étatisée, quatre autres compagnies d’assurances sont des entités étrangères ou opèrent en partenariat avec des entreprises étrangères.

Cette prolifération de compagnies d’assurances ne s’est pas toujours passée dans les meilleures conditions. On a assisté, au cours de ces dernières années, à la fermeture de trois compagnies dans des conditions qui ont laissé leurs clients démunis face aux risques contre lesquels ils s’étaient assurés, sans compter l’ardoise laissée auprès d’autres compagnies d’assurances. Un de ces cas de fermeture est toujours en litige devant les tribunaux. Les protestations qui suivirent la fermeture de la première compagnie, il y a de cela six ans, avaient contraint les autorités gouvernementales à exiger un dépôt en espèces de toutes les entreprises détenant un permis pour opérer comme compagnie d’assurances. Ce dépôt, qui est actuellement de Rs 20 millions, passera à Rs 25 millions à partir du 1er juillet prochain. Rappelons pour l’histoire la mésaventure survenue à une compagnie d’assurances qui fut contrainte de mettre la clé sous le paillasson, dans les années ’60, après avoir payé des dommages de plus d’un million de roupies à des ressortissants étrangers victimes d’un accident de la route pendant leurs vacances à Maurice. L’affaire avait fait grand bruit à l’époque.

Hormis ces “accidents de parcours”, on peut dire que l’évolution du secteur des assurances a été positive à plus d’un titre. En effet, les compagnies d’assurances offrent aujourd’hui une large panoplie de couvertures à leurs clients : l’assurance générale qui comprend la police multirisques habitation, protégeant les maisons ou les bâtiments industriels et commerciaux contre les vols et les incendies, la motor vehicle insurance contre les accidents et les vols de véhicules, l’assurance-vie, l’assurance-santé, l’assurance contre les cyclones, l’export credit insurance qui assure le fret à l’exportation. La diversification des portefeuilles des compagnies d’assurances vers les secteurs non traditionnels comme les fonds d’investissement, le crédit-bail, l’offshore témoigne si besoin était de la bonne santé de ce secteur.

Source: Business Magazine, 30th May 2001

 





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